À quand une sortie de crise pour le Venezuela ?

Il y a un mois, une délégation norvégienne s’est rendue au Venezuela afin d’évaluer la situation politique et humanitaire du pays. Aucun bilan n’a encore été déclaré mais l’objectif est clair : trouver une solution pour stopper la crise.

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Manifestations face au manque de transparence des résultats des élections. Photo : Alexcocopro

Une situation politique figée

La population vénézuélienne peut-elle espérer avoir un seul gouvernement à la tête du pays ? Difficile à dire, le député Juan Guaido s’est autoproclamé président par intérim depuis 2019. Le chef d’État Nicolas Maduro, élu en 2018, est de plus en plus contesté. L’armée reste son plus fidèle allié. Afin de trouver un terrain d’entente, la Norvège avait organisé des réunions comme médiateur face aux représentants des deux camps.

«Les parties ont démontré leur volonté d’avancer dans la recherche d’une solution négociée et constitutionnelle pour le pays, englobant des questions politiques, économiques et électorales»

Déclaration du ministre des Affaires étrangères norvégien en mai 2019.

Deux ans plus tard, les positions politiques restent figées et aucune avancée concrète n’a été observée. Les possibilités d’échanges ont été de courte durée, la situation politique au Venezuela reste fragmentée entre les deux hommes. Les élections législatives fin 2020 ont amplifié cette animosité avec de fortes contestations autour des résultats. La communauté internationale s’était dite inquiète de la transparence des résultats et du « manque de pluralisme politique » selon le chef de la diplomatie européenne.

La crise sanitaire a néanmoins forcé les deux camps à faire des concessions. Un accord a été trouvé entre les administrations Maduro / Guaido et l’OMS afin de coopérer et d’anticiper une crise épidémique en devenir. Une réussite loin de sortir le Venezuela de la crise.


L’économie vénézuélienne en chute libre

Le gouvernement Maduro avait demandé une aide de 5 milliards de dollars au Fonds Monétaire International afin de renforcer la lutte contre le coronavirus. La demande a été rejetée. La reconnaissance de deux gouvernements différents a empêché la justification d’une telle aide. Une décision assumée par le FMI qui accroît encore la crise économique sans précédent. L’hyperinflation affecte quotidiennement la vie des vénézuéliens et provoque un chômage en constante progression.

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La politique économique du gouvernement Maduro est très critiquée par la population, elle est accusée de ne pas diversifier l’économie face à un modèle pétrolier en chute libre. Le Venezuela peine à rassembler des investissements pour rembourser la dette, la cause à une notation financière très faible. Malgré plusieurs mesures d’endiguement contre l’hyperinflation, tous les indicateurs économiques sont à la baisse depuis 2017. Ce constat est d’autant plus marquant qu’il dégrade significativement la situation humanitaire dans le pays.  


La population de plus en plus fragile

Les vénézuéliens sont toujours plus nombreux à vouloir quitter leur territoire. Face à la crise politique et à l’effondrement politique, la population tente de se réfugier ailleurs. Le mois dernier, le président Joe Biden a annoncé la mise en place d’un  « statut de protection temporaire » pour les immigrés vénézuéliens voulant travailler aux États-Unis. À la frontière ouest, la Colombie a accepté de régulariser 1.7 million de réfugiés pour dix ans. Ces mesures exceptionnelles ne parviennent pas toutefois à contrer ces départs de masse. Selon l’ONU, près de 5.3 millions de vénézuéliens ont quitté le pays depuis le début de la crise politique.

Le président Maduro dénie ce constat humanitaire et ne souhaite pas bénéficier d’aide humanitaire car « nous ne sommes pas des mendiants ». La population ne comprend pas cette décision, des camions américains et colombiens sont arrivés en force au Venezuela pour les aider. La situation devient difficilement gérable sur le plan politique, c’est pourquoi une délégation norvégienne a été envoyée sur le terrain pour observer les besoins humanitaires du pays. Pour la spécialiste politique Indira Urbaneja, les perspectives de reprises des négociations « ne sont pas les meilleures ».

Auteur de l’article : Benjamin Jacquet

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