Élections législatives en Azerbaïdjan : une victoire du pouvoir entachée par des accusations de fraude.

Des élections législatives anticipées ont eu lieu le 9 février 2020 en Azerbaïdjan. Ces élections, remportées sans surprise par le parti au pouvoir, qui affirme avoir obtenu au moins 72 sièges sur 125, ont suscité de vives critiques de l’opposition, dont une partie a boycotté le scrutin.

L’homme au pouvoir depuis 2003 en Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, peut ainsi disposer du pouvoir législatif, remporté par le Parti du nouvel Azerbaïdjan, qu’il dirige. Il avait convoqué ces élections anticipées en décembre 2019, arguant que la composition du parlement n’était pas adaptée à la politique menée par le gouvernement.

La grande majorité des sièges restants a été remportée par des indépendants ou des partis alliés au pouvoir.

Cette élection, surveillée par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a déployé 380 observateurs dans tout le pays, aurait souffert de failles selon cette dernière. Dans un rapport préliminaire, l’OSCE déplore le « manque de couverture médiatique de l’opposition » et évoque des « doutes sur le compte des votes ». Pour l’OSCE, l’élection était « dépourvue de diversité politique […] on ne proposait pas un vrai choix aux électeurs ».

Les critiques de l’opposition sont, elles, beaucoup plus vives. Pour Arif Gadjily, opposant au pouvoir, « Ces élections ont été totalement falsifiées ». Des accusations que le rapport de l’OSCE pourrait soutenir. Ce dernier mentionne en effet des bourrages d’urnes dans certains lieux de votes, ainsi que de nombreuses irrégularités, qui auraient pu permettre à certaines personnes de voter plusieurs fois ou affecter le compte des voix.

Ilham Aliyev a pour sa part annoncé que des enquêtes seront menées afin de faire la lumière sur ces accusations. Il a par ailleurs reconnu que certaines violations du protocole avaient été commises, après que quatre circonscriptions ont vu leur scrutin annulé, et a promis de sanctionner les responsables. Le président azéri reste cependant sûr de lui, affirmant « Nous n’avons pas besoin de frauder […] il n’existe pas d’autre projet politique possible en Azerbaïdjan ».

Suite à ces élections, des manifestations ont éclaté à Bakou, la capitale, le 11 et le 12 février, résultant en l’arrestation d’une vingtaine d’opposants. Pour le porte-parole du ministère de l’intérieur, Ehsan Zahidov, cette manifestation était « illégale ». L’OSCE déplore dans un communiqué les arrestations ou les attaques dirigées vers au moins huit journalistes. Harlem Désir, représentant de la liberté de la presse à l’OSCE, a demandé aux autorités de diligenter des enquêtes sur ces incidents, et affirme que « Les médias ont le droit de couvrir ces évènements publics. Les forces de l’ordre doivent respecter le travail des journalistes et garantir leur protection ».

L’Azerbaïdjan occupe la 166ᵉ place (sur 180) du classement de la liberté de la presse, d’après le classement établi en 2019 par Reporters Sans Frontières, qui dénonce la « Guerre impitoyable menée contre les dernières voix critiques » par le régime.

Crédits photographiques : Image sous licence CC-BY-SA 3.0. Source.

Auteur de l’article : Léo Berry

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