En Allemagne, les Verts réalisent une percée fulgurante en vue de la chancellerie

Alors qu’Angela Merkel tirera bientôt sa révèrence, après plus de 15 ans à la tête de l’Allemagne, son parti, la CDU, pourrait se trouver en difficulté. Les Verts, qui avaient obtenu près de 9 % des voix aux élections de 2017, sont maintenant crédités de 29 % dans des sondages récents.

Anna Baerbock, la candidate des Verts en vue de la chancellerie, en 2018 | Photo : Die Grünen (CC BY-SA)

Annalena Baerbock. Voici le nom de celle qui pourrait succèder à Angela Merkel, à l’issue des élections fédérales allemandes, qui se tiendront fin septembre. En tête des sondages, la femme forte et co-présidente du Grünen, le parti vert allemand, pourrait bien sortir vainqueure de ces élections.

Son concurrent principal est Armin Laschet, le candidat de la CDU, le parti chrétien-démocrate. Le parti est actuellement à la tête d’une coallition qui a permis à Angela Merkel de briguer un quatrième mandat de chancelière. Problème : Armin Laschet peine à convaincre, le tout sur un fond de guerre fratricide au sein du parti. Le partisan d’une ligne dans la continuité de la politique menée par Angela Merkel a été adoubé par son parti, non sans difficultés et une abstention record.

Une dynamique en faveur des Verts

Contrairement à son principal rival, Annalena Baerbock bénéficie d’un parti solidement uni derrière sa candidature. En 2019, la candidate était gratifiée d’un taux de popularité de 97 % au sein du parti. L’autre co-président, Robert Habeck, qui caracolait également à 90 % de popularité, soutient également sa candidature. Chez les Verts, les luttes intestines au sein du parti ne sont pas à l’ordre du jour.

La bonne dynamique enclenchée par le parti se ressent dans les sondages, mais aussi dans les régions. L’Allemagne, qui dispose d’un système politique fédéral, est divisée en 16 landers. Dans 11 d’entre eux, les Verts sont présents au sein de coallitions au pouvoir. Le parti est donc parvenu à s’ancrer au niveau régional, et dispose maintenant d’un tremplin pour s’imposer sur la scène nationale.

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La protection du climat et de l’environnement restent la priorité absolue du parti. Les Verts souhaitent que l’Allemagne réduise ses emissions de gaz à effet de serre de 70 % à l’horizon 2030. Le gouvernement en place, lui, table sur une réduction de 55 % dans le même laps de temps. En termes de politique étrangère, les Verts pourraient adopter une ligne plus dure vis-à-vis de la Chine et de la Russie. Ils remettent notamment en cause le projet de gazoduc Nord Stream 2, qui permettrait d’approvisionner l’Allemagne en gaz russe.

Tout reste à faire

Malgré l’avance, qui reste légère, que les Verts ont pris dans les sondages, il est bon de rappeler que l’élection se déroulera en septembre. C’est-à-dire dans plus de 4 mois. De plus, même s’ils arrivaient en première place, les Verts devraient former une coallition, et donc accepter des compromis. De leur côté, leurs adversaires politiques essaient malgré tout de se frayer un chemin électoral.

Armin Laschet, le candidat de la CDU et principal concurrent d’Anna Baerbock, en 2018 | Photo : DW (CC BY-NC)

En effet, du SPD (Parti social-démocrate) à la CDU, tous critiquent un point qui leur paraît fondamental : Annalena Baerbock n’aurait aucune expérience. La femme de 40 ans, députée au Bundestag depuis 2013, n’a en effet jamais participé à un gouvernement, qu’il soit national ou régional. Olaf Sholz, le candidat du SPD et vice-chancellier d’Angela Merkel, y va donc de son commentaire, dans le grand quotidien Bild : « L’Allemagne est un des plus grands pays industrialisés. Elle doit être gouvernée par quelqu’un qui a de l’expérience. Pas quelqu’un qui veut gouverner, mais quelqu’un qui peut le faire. ».

Auteur de l’article : Léo Berry

2 commentaires sur “En Allemagne, les Verts réalisent une percée fulgurante en vue de la chancellerie

    Marchal Jacques

    (2 mai 2021 - 15:46)

    Bonjour,
    Quand vous dites « les verts sont crédités de 29% dans les sondages récents », de quel type les sondages : opinion ou simulation de vote ?
    Votre article est intéressant et aborde une étape déterminante pour l’Europe et la France. A suivre de près.
    Par contre, je doute que la presse internationale n’aborde grandement le sujet dans les mois à venir.

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