Présidentielle en Iran : les points-clés du scrutin

Le 18 juin, les Iraniens se rendront aux urnes afin d’élire leur nouveau président, dans un contexte économique précaire. Suite à la disqualification de nombreux candidats, le conservateur Ebrahim Raïssi endosse le statut de favori.

Le conservateur Ebrahin Raïssi, candidat favori pour la présidentielle iranienne. | Tashim News Agency (CC BY)

C’est un scrutin charnière qui attend les Iraniens à la mi-juin. Après deux mandats successifs, Hassan Rohani, l’actuel président en poste depuis 2013, verra une nouvelle administration lui succéder. Sept candidats, dont cinq conservateurs et deux réformistes se livreront bataille dans les urnes afin de briguer un mandat de quatre ans. Le poste, convoité, offre cependant des pouvoirs bien moins importants que celui de Guide suprême, occupé par Ali Khamenei.

Sur les près de 600 candidatures, seulement sept ont été retenues par le Conseil des gardiens. L’organe, composé de 12 membres nommés par le Guide suprême et le parlement, est chargé de valider les candidatures aux élections. Il est habituel que le Conseil ne retienne qu’une infime minorité de candidatures à l’élection présidentielle. Mais les conservateurs se retrouvent très avantagés, provoquant des accusations de manipulation électorale de la part des réformistes. Ebrahim Raïssi, actuellement à la tête de la justice iranienne et pressenti pour remplacer Ali Khamenei à sa mort, bénéficie d’un statut de grand favori.

Des débats qui ne convainquent pas

Cette liste de sept candidats a été très critiquée, une grande partie de la classe politique iranienne désapprouvant la décision du Conseil. Le Guide suprême conservateur, Ali Khamenei, a dénoncé « Des injustices envers certains candidats », qui « Ont été la cible de fausses accusations ». Beaucoup de personnalités politiques de premier plan n’ont en effet pas obtenu l’autorisation de se présenter, tant dans le camp réformiste que conservateur. L’ancien parlementaire conservateur Ali Larijani, le vice-président Eshaq Djahanguiri ou encore Mahmoud Ahmadinejad, président de 2005 à 2013, ont tous dû renoncer à la présidence.

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Malgré la polémique, le Conseil a indiqué qu’il ne reviendrait pas sur sa décision. Les sept candidats ont donc d’ores et déjà commencé leur campagne, notamment au cours de deux débats télévisés. Le premier d’entre eux, le 5 juin, a été marqué par nombre d’attaques personnelles échangées entre candidats réformistes et conservateurs. Les débats sur l’économie ont eux été relégués au second plan, au grand regret de nombre d’électeurs.

L’impératif accord sur le nucléaire

Résultat des polémiques sur les candidatures autorisées et des débats relativement stériles menés par les candidats, les Iraniens semblent nombreux à envisager s’abstenir lors du scrutin. Dans un sondage récent, le taux de participation est estimé à 38 %. Lors des trois dernières élections présidentielles, il se situait entre 72 % et 85 %. Un constat d’échec pour le pouvoir, qui cherche à remobiliser les électeurs en marge du scrutin.

Le guide suprême, Ali Khamenei, cherche donc à inciter les électeurs au vote. Il a fait le choix de l’argument religieux : « Si voter blanc affaiblit le système islamique, alors cela est interdit », a-t-il déclaré sur son site, en réponse à une question qui lui était posée. Référence est également faite au fondateur de la république islamique, l’ayatollah Khomeini, qui considérait l’abstention comme un « Grand pêché ».

Quel que soit le président élu à l’issue du scrutin, ce dernier devra se consacrer à l’élaboration d’un nouvel accord sur le nucléaire avec les États-Unis. L’administration du président Rohani, qui négocie depuis plusieurs mois, n’aura en toute vraisemblance pas le temps de finaliser cet accord vital pour l’économie iranienne.

Auteur de l’article : Léo Berry

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