Un tour du monde des bienfaits environnementaux et animaliers

Le confinement des deux tiers de la population mondiale a entraîné un arrêt brutal des échanges commerciaux. Bien que faisant probablement passer le PIB mondial en récession, de nombreux bienfaits sont observables aux quatre coins du monde, tant sur la qualité de l’air que sur la réapparition d’animaux près des villes.

Les hirondelles fêtant le printemps. Photo : Eva Couet

Une réappropriation du territoire

Les échanges commerciaux se font à 90% par voie maritime, et cette suspension temporaire a provoqué une amélioration de la clarté des eaux. L’exemple de Venise a été évoqué dès le mois de Février, mais ce constat est visible ailleurs. Effectivement, la situation est observable en Turquie, dans le détroit du Bosphore. Désormais sans bateaux de marchandises ni pêcheurs le long des rives, le détroit connait le retour de quelques espèces attirées par le calme. Les dauphins se réjouissent à approcher le rivage, tout comme les photographes à immortaliser ce moment. Même exemple au Pérou, avec le fleuve Rimac (à Lima), où la végétation et les poissons migrent vers l’embouchure. Cette recolonisation n’a rien d’extraordinaire selon le vice-président de France Nature Environnement : « On a déjà pu constater par le passé que lorsqu’on diminue la fréquentation humaine dans un espace donné, s’opère alors une recolonisation du vivant sauvage ». Aujourd’hui, il n’est pas rare d’apercevoir dans les médias des animaux découvrant la ville (même toutes les villes) : un puma au Chili, des bouquetins au Pays de Galles ou encore des oies en Inde etc. Avec l’arrêt de la chasse dans la plupart des pays, et surtout de la pollution sonore, certains animaux sont visibles et audibles jusque devant nos fenêtres (la LPO vous invite à découvrir lesquels). Ces circonstances sont une aubaine pour les animaux, mais également pour les pays connaissant une pollution atmosphérique importante.


La pollution de l’air chute drastiquement

L’Himalaya est désormais visible jusqu’au Pakistan (à plus de 4000km). Photo : Mauricio Cardo

C’est un fait indéniable, la pollution de l’air a diminué partout dans le monde. Avant d’analyser les études sur le sujet, il est important de comprendre ce qui pollue l’atmosphère à savoir en grande majorité les usines, et les moyens de transports. Le confinement ayant stoppé ces deux émetteurs, plus les jours avancent, plus la concentration en particules fines, en dioxyde de nitrogène ou en CO2 décroit. Observons tout d’abord la situation en Inde, dont la plupart des villes sont parmi les plus polluées. Dans la ville de Calcutta, les émissions de dioxyde de nitrogène ont chuté de moitié et en comparaison avec l’année dernière, il y a une baisse de 250% (selon une étude de Centre de Recherche de l’Energie et de la propreté de l’Air) des émissions quotidiennes. Mais l’observation la plus saisissante ne se trouve pas dans les chiffres, mais dans les images.

Toujours en Inde, le nuage constant de pollution au-dessus de New Delhi s’est dissipé, permettant une effroyable comparaison de l’avant-après (galerie d’images). Bien que bienfaiteur d’abord sur le plan environnemental, ça l’est également au niveau de la santé. Nous avons pris l’exemple de l’Inde, mais pour le Bangladesh, ou la Chine et même tous les autres pays, la pollution de l’air tue un nombre colossal de personnes (800 par heure) selon un média bengali. Les publications scientifiques ne sont pas encore sorties, mais une baisse de la mortalité liée à l’air de la ville est envisageable. Ainsi, la diminution de la toxicité de l’air est un bonheur inespéré pour les populations et les animaux. Enfin, il est intéressant de remarquer que certains acteurs n’hésitent pas à utiliser ce temps d’interruption au profit de l’environnement et du développement durable.

Du temps supplémentaire pour aider la planète

L’ONU espère trouver un compromis sur le traité de la biodiversité de l’océan. Photo : Christophe Michel

Pour les Nations Unis, les ONG ou encore les associations locales, l’objectif est d’utiliser ce temps de confinement afin de mieux organiser leur système, de trouver un compromis à des traités en cours ou encore de préserver la vie sauvage pour l’après pandémie.

Du 23 mars au 3 avril, devait se tenir le dernier espace de discussion concernant un traité sur la protection de la biodiversité océanique au sein de l’ONU. Evidemment avec les conditions sanitaires, le meeting n’a pas eu lieu, toutefois le texte de 350 pages (disponible en entier) a été envoyé aux ambassadeurs des pays afin de trouver un compromis, au niveau de la surpêche, des conséquences économiques pour les pays, de la répartition des territoires (comme l’Antarctique) etc. Pour les ONG comme pour les spécialistes en conservation marine : « Avoir un peu plus de temps pour résoudre certaines différences sur les sujets délicats de la discussion n’est pas une mauvaise idée ».

En outre, certaines associations n’hésitent pas à se concerter afin d’améliorer l’organisation de l’alimentation durant le confinement. Plusieurs associations africaines de biodiversité, d’associations rurales se sont réunis en ligne afin de réfléchir sur cette question. Dans un continent où la malnutrition est un problème récurrent et lorsque les commerces sont fermés, une nouvelle alternative doit être trouvée pour aider les plus démunis. Ces initiatives sont à mettre en valeur, notamment pour des pays où le gouvernement ne soutient pas sa population à cause de la guerre ou par souci économique.

Conclusion

Le confinement a effectivement des conséquences économiques, sociales désastreuses, mais ce tableau n’est pas tout noir. Une vie sauvage qui sort de son terrier, une rivière qui reprend des couleurs, une atmosphère qui laisse le soleil éclairer les merveilles du monde. Certains acteurs de ce monde n’attendent pas que le déconfinement arrive, mais recherchent des solutions afin de tourner le regard vers le développement durable.

Auteur de l’article : Benjamin Jacquet

1 commentaire sur “Un tour du monde des bienfaits environnementaux et animaliers

    MARCHAL Jacques

    (9 mai 2020 - 10:59)

    Un proverbe africain dit : « quand un arbre tombe, on l’entend ; quand la forêt pousse, pas un bruit. » Vous avez bien fait de parler de cet effet bénéfique de la crise actuelle.
    Ahurissant qu’une baisse d’activité humaine ait un tel effet ! J’espère qu’on en tirera des conclusions. Même si je doute un peu de l’exagération de vos sources, il y a quelque chose d’important et réconfortant qui se passe. Merci de votre article.
    J. MARCHAL

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